HumanWare: l’IA au service des non-voyants

Offert par Les Affaires

Édition du 04 Mai 2019

FOCUS CENTRE-DU-QUÉBEC. Lecteurs de livres audio numériques, afficheurs braille, système de navigation et de guidage, loupes électroniques : depuis plus de 30 ans, l’entreprise HumanWare met au point une vaste gamme de produits technologiques qui facilitent grandement la vie des personnes aveugles ou ayant une déficience visuelle. Et ce, aux quatre coins de la planète.

« Notre plus grande fierté, c’est de recevoir des témoignages de gens qui nous disent que nos produits ont changé leur vie. C’est notre pain et notre beurre et ça nous motive à innover davantage pour leur permettre d’être encore plus autonome », se réjouit Gilles Pépin qui a lancé en 1988 l’entreprise VisuAide, devenue par la suite HumanWare et qui compte notamment Stevie Wonder et Andrea Bocelli parmi les utilisateurs de ses produits.

À la bonne école

La PME de Drummondville accorde d’ailleurs beaucoup d’importance à l’innovation, consacrant ainsi de 12 à 18 % de ses revenus annuellement à la recherche et développement de nouvelles technologies. L’entreprise s’est récemment lancée dans un vaste programme d’accélération en R-D  qui vise à intégrer l’intelligence artificielle dans ses produits.

HumanWare travaille notamment en collaboration avec le MILA, l’Institut québécois d’intelligence artificielle, au développement de produits qui permettront d’analyser des images ou de décrire des scènes. Ces produits pourraient, par exemple, faciliter davantage le déplacement de leurs utilisateurs en milieu urbain ou dans des établissements publics.

« L’intelligence artificielle va révolutionner notre secteur d’activité. En la couplant avec d’autres technologies comme les systèmes de navigation GPS ou des assistants vocaux comme SIRI, l’intelligence artificielle va nous aider à donner de meilleures informations en temps réel », précise M. Pépin, titulaire d’une maîtrise en traitement numérique du signal de la parole de l’Université de Sherbrooke.

Pendant ses études en génie, au début des années 1980, Gilles Pépin a fait partie de l’équipe du professeur Jean-Pierre Adoul qui a développé la technologie ACELP, cette célèbre avancée scientifique de compression de la voix qui est aujourd’hui utilisée quotidiennement dans plus de 95 % des téléphones cellulaires de la planète.

Son entrée dans le marché du travail au sein d’une firme d’ingénierie spécialisée dans les télécommunications l’amènera à devenir consultant auprès de l’Institut Nazareth et Louis-Braille. Puis, à créer sa propre entreprise avec le lancement d’un premier produit, appelé Iris, qui permettait de lire à voix haute des textes imprimés comme des livres.

Depuis, HumanWare a développé une foule de produits qui se vendent dans une cinquantaine de pays. « Comme notre segment de marché est très niché, il fallait dès le départ exporter nos produits. En commençant évidemment par les marchés francophones comme la France, la Belgique et la Suisse », explique M. Pépin en précisant que le marché international génère environ 95 % de ses ventes. 

Partenariat avec Essilor

La fusion avec une entreprise de la Nouvelle-Zélande, en 2005, lui a ouvert davantage les portes des marchés anglophones. Aujourd’hui, les États-Unis représentent 50 % des ventes à l’exportation de HumanWare, l’Europe 40 % et l’Asie-Australie 10 %. L’entreprise entend faire une percée en Inde, au Brésil et dans des pays émergents d’Asie, d’Amérique du Sud et même d’Afrique au cours des prochaines années.

Ses efforts de commercialisation, mais aussi de R-D, sont maintenant appuyés par le géant français Essilor, le numéro un mondial de l’optique ophtalmique qui est devenu actionnaire majoritaire de HumanWare en 2014. Ce partenariat « est un solide appui à notre croissance et nous permet d’assurer la pérennité de l’entreprise. Même si on est une goutte d’eau au sein du groupe, on sent le même désir d’aider les gens qui ont une déficience visuelle », souligne M. Pépin.

HumanWare se fait aussi un devoir de compter jusqu’à 15 % de non-voyants ou de personnes atteintes de déficience visuelle parmi ses 160 employés. « Ils participent au développement des produits et ceux qui travaillent au service à la clientèle ou au soutien technique peuvent très bien répondre aux besoins des utilisateurs puisqu’ils ont eux-mêmes nos produits », précise M. Pépin.

L’entreprise peine toutefois à recruter un nombre suffisant d’employés, ayant des déficiences visuelles ou non, et doit même sous-traiter certaines activités à l’étranger, notamment le développement de logiciel et de composants électroniques.

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