Des capteurs de mouvements faits à Montréal

Des capteurs de mouvements faits à Montréal

30 Janvier 2014 – Tout a commencé par une manette de jeux vidéo, celle de la Wii, en 2006. Depuis, les capteurs de mouvement comme les accéléromètres et les gyromètres se sont propagés dans une multitude d’appareils. Motion Engine, une entreprise créée à Montréal par des Américains, espère prendre une position de force dans ce marché.

Motion Engine a annoncé la semaine dernière avoir conclu une première ronde de financement d’environ 1 million de dollars, provenant d’investisseurs canadiens, américains et asiatiques. Quelques jours plus tôt, l’entreprise avait cimenté son implantation à Montréal, en collaboration avec Montréal International.

En réalité, les activités de Motion Engine ont véritablement commencé en avril dernier, raconte son fondateur, l’Américain Louis Ross. Et c’est en réalité à Bromont que se terrent les deux principales raisons qui ont motivé l’entreprise à choisir Montréal : le Centre de collaboration MiQro Innovation (C2MI) et la fonderie Teledyne Dalsa.

« Ce qui est unique à Montréal, c’est d’avoir la deuxième fonderie de microsystèmes électromécaniques [MEMS] au monde à proximité », explique M. Ross.

Les fonderies de ce genre sont très rares, fait-il valoir. Les États-Unis n’en comptent qu’une seule, plus ou moins disponible à des fins commerciales.

La présence du C2MI est elle aussi attirante, note M. Ross. « Pour nous, c’est probablement le meilleur centre de recherche et développement pour les MEMS au monde, dit-il. Ils ont des équipements uniques qui, dans certains cas, ne peuvent pas être exportés en Asie.

« On a tout l’écosystème autour d’ici, de la production des capteurs à la conception d’applications, poursuit-il. C’est ce qui nous a attirés ici. »

Être partout

Motion Engine estime avoir conçu le meilleur capteur de mouvement. Celui-ci détecte l’accélération et la rotation sur chacun des trois axes et n’a pas à être inséré dans une coquille, ce qui peut représenter des économies de 50 à 80 % sur la fabrication et les essais, selon M. Ross.

Quand il sera lancé, en 2015, ce capteur devrait aussi être assez précis pour des utilisations commerciales, voire militaires. Les premiers prototypes devraient voir le jour cet été. L’entreprise compte aussi lancer l’été prochain un premier produit, une application qui sera liée à un capteur qu’elle n’aura pas conçu elle-même.

À compter de 2015, avec son produit-phare en poche, Motion Engine tentera de convaincre les fabricants de téléphones intelligents, de tablettes, de manettes de jeux vidéo, d’appareils de navigation GPS, de moniteurs d’activité physique et de systèmes de stabilisation de l’image pour des caméras, entre autres, que son capteur est le meilleur sur le marché.

Il y a très peu de véritables concepteurs de détecteurs de mouvement, estime M. Ross, et il est encore possible de se distinguer sur la qualité plutôt que sur le seul prix, comme dans d’autres marchés plus matures.

« Invensense, le seul fabricant qui soit public, affiche des marges de 30 ou 40 % sur des capteurs qui sont sortis il y a 2 ou 3 ans. Ce ne sont pas des marges de marché mature, et ce ne le sera pas avant plusieurs années encore. »

Même si les capteurs sont intégrés dans un nombre sans cesse plus élevé de produits, les fabricants de ces produits font presque toujours appel à des fournisseurs extérieurs plutôt que de créer cette composante eux-mêmes, explique-t-il.

Motion Engine espère justement que sa présence à Montréal contribuera à l’émergence d’un écosystème québécois ou canadien de sociétés qui trouveront de nouvelles applications à son capteur. L’entreprise elle-même compte aussi commercialiser éventuellement des produits « finis », seule ou en collaboration avec des partenaires.

Par : Jean-François Codère, La Presse

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